Un chemin vers un avenir plus vert
Le Canada avance vers un objectif de 100 % d’autobus scolaires électriques (ASE) d’ici 2040, mais la transition n’est pas encore à pleine vitesse. Malgré certains progrès cette année, le rythme reste insuffisant, et des obstacles persistants, comme les coûts élevés et les défis d’infrastructure, freinent encore le déploiement d’un transport scolaire plus durable.
Pour accélérer cette transition essentielle, l’Alliance canadienne des autobus scolaires électriques (ACEAS) publie son dernier rapport, « Propulser en avant : La voie vers l’adoption des autobus scolaires électriques au Canada ». Cette analyse approfondie met en lumière les avantages des ASE, examine les défis qui ralentissent leur adoption et propose des solutions audacieuses et concrètes pour les surmonter. Que vous soyez décideur, exploitant ou défenseur du transport durable, ce rapport est un véritable plan d’action pour électrifier le transport scolaire au Canada.
Découvrez ci-dessous les principaux enseignements de cette étude.
Avantages de la transition vers les ASE
Quels sont les avantages des ASE ?
Les ASE réduisent les émissions de gaz à effet de serre, améliorent la santé publique en diminuant la pollution de l’air et offrent des bénéfices économiques à long terme grâce à des coûts d’énergie et d’entretien plus bas, à la création d’emplois et à de nouvelles opportunités de revenus. Ils fonctionnent également en silence, ce qui améliore le confort des conducteurs et des enfants – en particulier ceux ayant des sensibilités sensorielles – et renforce la sécurité en facilitant la communication entre le conducteur et les passagers. Au-delà de ces avantages, les ASE soutiennent l’action climatique et contribuent à réduire l’éco-anxiété chez les jeunes.
Quelle est l’opinion des Canadiens sur la transition vers les ASE ?
Les Canadiens soutiennent fortement la transition vers les ASE : 78 % s’inquiètent des impacts des émissions des autobus scolaires diesel sur la santé des enfants, 83 % plaident pour une transition vers 100 % d’ASE d’ici 2040, et 77 % appuient un mandat de vente pour ces véhicules.
Contexte de l’électrification des parcs d’autobus scolaires
Quel est l’état actuel de l’électrification au Canada ?
Actuellement, le Canada compte plus de 1 930 ASE, ce qui représente un doublement par rapport à l’année dernière où il y en avait 900, soit 3,9 % de l’ensemble du parc de bus. Le Québec est en tête avec plus de 1 606 ASE, suivi par l’Île-du-Prince-Édouard (107), la Colombie-Britannique (158), l’Ontario (25), le Nouveau-Brunswick (22), l’Alberta (5-10), Terre-Neuve-et-Labrador (1) et la Saskatchewan (1). Les juridictions ne disposant actuellement pas d’ASE incluent le Manitoba, la Nouvelle-Écosse, le Yukon, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest.
Malgré ce progrès, cela reste insuffisant par rapport aux près de 2 900 ajouts annuels d’autobus électriques que recommande l’ACEAS pour atteindre un parc entièrement électrique d’ici 2040, conformément aux objectifs de zéro émission nette du Canada.
Quels progrès ont été réalisés ?
Des avancées ont été faites dans l’adoption des ASE. Les premiers districts à avoir intégré ces véhicules au Canada ont surmonté les défis liés à cette nouvelle technologie, ouvrant ainsi la voie aux autres. La plupart des conducteurs préfèrent les ASE aux modèles diesel après en avoir expérimenté les avantages. Pour réduire les coûts d’infrastructure et améliorer le confort des conducteurs, certaines régions installent des bornes de recharge à domicile. Des provinces comme l’Île-du-Prince-Édouard et la Colombie-Britannique mettent en place de nouveaux programmes de formation sur les véhicules moyens et lourds (VML) électriques. Par ailleurs, les avancées technologiques en matière de recharge – comme l’ajustement de la puissance en fonction de l’état de la batterie – renforcent la sécurité, optimisent la performance des batteries et améliorent la compatibilité logicielle pour une intégration fluide des systèmes.
Quelles juridictions canadiennes ont des objectifs politiques pour les ASE et des programmes de financement en place ?
L’effort du Canada pour électrifier les autobus scolaires a conduit certaines provinces à prendre des mesures audacieuses avec des objectifs clairs et des programmes de financement dédiés. Voici comment la Colombie-Britannique, l’Île-du-Prince-Édouard et le Québec mènent la charge pour accélérer l’adoption des ASE :
- Colombie-Britannique :
- Objectif: Aligner avec la Californie, tous les nouveaux camions et autobus doivent être électriques d’ici 2036.
- Programmes de financement :
- Clean BC Go Electric Rebates: Up to $100,000 for Type C/D ESBs, $75,000 for Type A (ending 2024 for public districts).
- BC Hydro EV Fleet Ready: Covers 50% of fleet/infrastructure assessments (up to $10,000) and electrical upgrades.
- Clean BC Fleet Charging: Up to $75,000 for direct current fast chargers (DCFC), and up to 50% for Level 2 chargers.
- Additional support for Indigenous communities and businesses.
- Île-du-Prince-Édouard :
- Objectif: 50 % des autobus scolaires électrifiés d’ici 2027, 40 % des véhicules VML enregistrés décarbonés d’ici 2040.
- Programmes de financement :
- Joint federal-provincial investment of $40.3M, including $6M from Infrastructure Canada.
- Approximately 100 ESBs in service, co-funded by provincial and federal governments.
- Québec :
- Objectif: 65 % des ASE d’ici 2030 ; tous les nouveaux ASE à partir de 2021.
- Programmes de financement:rams :
- Programme d’électrification du transport scolaire (PETS [School Bus Electrification Program]): Up to $150,000 per ESB ($175,000 for larger battery buses).
- Transportez Vert: $150,000/year for DCFC stations and fleet electrification support.
- Charging station grants: 75% of costs (up to $30,000 for DCFCs, $10,000 for Level 2 chargers).
- Additional Ministry of Education grants per ESB.
Principaux obstacles et recommandations de l’ACEAS
Quels sont les principaux obstacles à la transition vers les ASE ?
La transition vers les ASE au Canada fait face à plusieurs défis majeurs, notamment :
- Coût élevé des ASE – Au Québec, par exemple, un ASE coûte environ 400 000 $, avec une dépense nette de 250 000 $ après subventions, soit environ 100 000 $ de plus qu’un autobus diesel.
- Limites du Fonds pour le transport en commun à zéro émission (FTCZE) – La forte demande et la réduction du budget 2024 de 2,75 milliards à 2,4 milliards de dollars rendent ce fonds insuffisant pour répondre à toutes les demandes.
- Retards dans le financement fédéral – Certaines provinces, comme l’Île-du-Prince-Édouard, ont dû acheter des autobus diesel faute de fonds suffisants, tandis que des opérateurs ayant fait une demande depuis des années n’ont toujours pas reçu d’ASE.
- Infrastructure de recharge limitée – Retards d’installation, problèmes de connectivité, conditions de terrain difficiles et autres défis freinent l’adoption dans les communautés éloignées et autochtones.
- Autonomie limitée des batteries – Un défi majeur, en particulier dans les régions rurales et éloignées, où les trajets plus longs (sorties scolaires, etc.) sont compliqués par des facteurs comme les vents contraires, les pentes et les arrêts fréquents.
- Réticence des conducteurs – Beaucoup hésitent à adopter les ASE, par crainte d’une autonomie insuffisante et en raison de leur manque de familiarité avec cette nouvelle technologie.
Des recommandations nouvelles ont-elles été ajoutées depuis l’édition de l’année dernière ?
Les recommandations suivantes viennent compléter celles de l’édition précédente :
- Allouer 375 millions de dollars en financement de transition spécifiquement pour les ASE, ainsi qu’un supplément de 2,5 milliards de dollars réservé aux ASE de 2027 à 2032.
- Établir des normes complètes pour l’installation, la maintenance et la compatibilité des infrastructures de recharge pour les ASE dans les écoles et les dépôts d’autobus.
- Développer un modèle standardisé pour les commissions scolaires et les consortiums de transport afin d’intégrer les exigences des ASE dans leurs demandes de propositions auprès des opérateurs de parc, garantissant ainsi la clarté dans les processus d’achat.
- Étendre le Fonds pour le développement des compétences de l’Ontario pour inclure la fabrication, la maintenance et la formation à la réparation des ASE, tout en ajustant l’allocation des services de transport pour augmenter le financement des ASE, soutenir les incitations pour les conducteurs et améliorer la formation.
- Investir dans la recherche sur la faisabilité et les avantages des ASE, standardiser la collecte de données et promouvoir le partage d’informations entre les fournisseurs de transport scolaire.
Avec cette feuille de route, l’ACEAS vise à accélérer la transition vers les ASE, ouvrant la voie à un avenir plus propre et plus durable pour le transport scolaire au Canada.
Auteur: Henri Chevalier, Conseiller en mobilité durable
Équiterre.
