Communiqué de presse : Le premier bulletin canadien sur les autobus scolaires électriques - Green Communities Canada

Communiqué de presse : Le premier bulletin canadien sur les autobus scolaires électriques

Bannière avec la couverture du rapport à gauche, intitulé « Fiche de rendement des autobus scolaires électriques au Canada», affichant les logos de Green Communities Canada et d'Équiterre. À droite figure une infographie détaillée des résultats.
Leif Einarson
Leif Einarson,
Communications Manager

→ Le rapport conclut que la majorité des provinces échouent à sortir du diesel, au détriment de l’économie, de la santé et de l’environnement

L’Île-du-Prince-Édouard obtient la meilleure note, suivie du Québec. L’Ontario et l’Alberta obtiennent un échec, malgré la taille importante de leurs parcs d’autobus. Un financement annuel de 250 millions de dollars du fédéral est jugé essentiel.

PETERBOROUGH (ON), 26 mars 2026 – Chaque jour, près de deux millions d’enfants à travers le Canada se rendent à l’école à bord d’autobus au diesel. Ces véhicules sont associés à divers problèmes de santé, comme l’asthme, des maladies cardiovasculaires et respiratoires, ainsi que certains cancers. Aujourd’hui, l’Alliance canadienne pour l’électrification des autobus scolaires (ACEAS) publie le premier bulletin canadien sur le transport scolaire. Celui-ci sonne l’alarme : la transition vers l’électrique avance lentement et de façon inégale. Le rapport demande au gouvernement fédéral de mettre sur pied un financement dédié pour accélérer l’acquisition d’autobus scolaires électriques, qui sont plus bénéfiques pour la santé et l’économie.

« Au Canada, plus de 30 000 autobus scolaires arrivent en fin de vie et devront être remplacés d’ici 2 à 7 ans, souligne Valérie Tremblay, responsable de la mobilité durable chez Green Communities Canada et coordonnatrice de l’ACEAS. On n’a aucun avantage à continuer d’acheter des autobus au diesel provenant des États-Unis quand on peut fabriquer des modèles électriques ici. »

Le rapport classe les provinces en fonction de quatre critères : l’électrification des parcs, les engagements politiques, le financement et les infrastructures de recherche. On constate de grandes disparités d’une province à l’autre :

  • L’Île‑du‑Prince‑Édouard arrive en tête avec 33 % de son parc scolaire électrifié, grâce à une gestion centralisée, des cibles claires et des achats précoces.
  • Le Québec suit avec 15 % de son parc électrique. Avec plus de 1 600 autobus scolaires électriques, c’est le plus grand nombre au pays. Cette transition a été facilitée par des mesures incitatives et des objectifs précis.
  • La Colombie‑Britannique est troisième avec 5 %. Elle se distingue par son approche novatrice, notamment le premier projet pilote de technologie véhicule‑réseau au Canada, ainsi que par ses infrastructures de recharge.
  • Le Nouveau‑Brunswick arrive quatrième. Il a une cible d’électrification complète d’ici 2035, mais n’en est qu’au début avec 1 % d’autobus électriques.
  • En queue de peloton : l’Ontario et l’Alberta. Ce sont les deux plus grands parcs du pays, mais moins de 1 % de leurs autobus sont électriques, et ils n’ont annoncé aucune cible ni aucun financement.

Recommandations

L’ACEAS suggère que le gouvernement fédéral alloue chaque année 250 millions de dollars au financement exclusif de l’électrification du transport scolaire, par l’intermédiaire du Fonds pour le transport en commun du Canada (FTCC). Cette aide financière stable et prévisible permettrait aux consortiums d’autobus scolaires, aux commissions scolaires, aux transporteurs et aux provinces de mieux planifier cette transition.

Les avantages économiques, sanitaires et environnementaux sont clairs

Il y a actuellement seulement 1 980 autobus scolaires électriques au pays, ce qui ne représente que 3,8 % du parc canadien. L’électrification de ce secteur offre une opportunité stratégique de renforcer l’autonomie industrielle du Canada en favorisant la production locale et l’utilisation de nos propres technologies.

Au Québec, électrifier tous les autobus scolaires pourrait améliorer la balance commerciale de 50 à 100 millions de dollars par an. En Ontario, électrifier 65 % du parc d’ici 2030 pourrait créer plus de 10 800 emplois et générer 1,5 milliards de dollars en PIB, sans compter les retombées liées aux infrastructures de recharge.

Des entreprises comme Girardin Blue Bird, LION et Autobus Thomas assemblent déjà une portion de leurs autobus électriques ici. Pendant ce temps, la plupart des autobus diesel qui roulent au Canada proviennent des États-Unis. L’annonce récente de l’ouverture d’une usine d’autobus urbains électriques à Winnipeg par New Flyer est un exemple clair que soutenir la production locale renforce notre indépendance économique.

L’électrification du transport scolaire permettrait aussi de réduire les coûts en santé publique : on estime que le pays économiserait autour de 50 millions de dollars par an.

Sur le plan climatique, remplacer un autobus au diesel par un modèle électrique équivaut à retirer cinq voitures à essence de la route. Avec 52 000 autobus scolaires en service dans le pays, électrifier l’ensemble du parc permettrait d’éviter plus d’un million de tonnes d’émissions par ann.

Des trous importants dans le financement

Pour plusieurs, le coût constitue le principal obstacle à l’électrification des parcs d’autobus scolaires au Canada.

« On ne peut pas juste espérer que le parc s’électrifie tout seul. Certes, un autobus électrique coûte 2,6 fois plus cher qu’un modèle au diesel, mais l’inertie politique aussi est bien réelle, explique Henri Chevalier, auteur principal du rapport et conseiller en mobilité durable chez Équiterre. Là où les gouvernements se fixent des cibles claires, les autobus électriques prennent la route. Plus que jamais, on a besoin d’engagements financiers précis du fédéral. »

Jusqu’en 2025, la plupart des provinces pouvaient compter sur le Fonds pour le transport en commun à zéro émission (FTCZÉ) pour acquérir des autobus scolaires électriques. Cependant, le programme ne comportait pas de volet spécifique pour le transport scolaire, et seule une petite partie de l’enveloppe y a été réellement investie.

Pour la suite, rien n’est garanti. Tout le monde se demande quelle part, le cas échéant, du FTCC sera allouée aux autobus scolaires électriques. Cette incertitude, conjuguée à un financement insuffisant dans le passé, entrave la transition.